Maitrise de stage et revalorisation

 

Pas de revalorisation de la maitrise de stage

La maîtrise de stage ne sera pas revalorisée dans la future convention, à euros constant
A l’ occasion de la présentation du pacte Territoire Santé 2 le 26 Novembre 2015, Madame la ministre de la santé déclarait avoir entendu les revendications des enseignants de médecine générale en s’engageant à revaloriser la rémunération des maîtres de stage des universités.

Il y avait effectivement urgence. Depuis l’instauration de la maîtrise de stage en 1997, la rémunération n’avait été revalorisée qu’une fois en 2008 et de façon insuffisante puisque cette revalorisation ne compensait même pas l’inflation cumulée.

Compte tenu de la politique du virage ambulatoire et de l’intérêt reconnu de la maîtrise de stage en faveur de l’installation des médecins, le SNEMG attendait un geste conséquent.

Conscient du caractère contraint de l’enveloppe budgétaire du ministère et de l’approche des négociations conventionnelles, le SNEMG avait alors proposé que cette revalorisation passe par l’intégration de la maîtrise de stage comme critère de la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP).

Dans le texte conventionnel ratifié, le SNEMG constate que la maîtrise de stage a été revalorisée dans la convention médicale à travers deux mécanismes.

Le premier est la bonification de 50% de la rémunération pour les médecins prétendant au contrat de stabilisation et de coordination pour les médecins. Elle concerne les médecins installés dans les territoires dits en insuffisance d’offre de soin sous réserve de certaines conditions d’exercice. Cette mesure est cohérente puisque le besoin d’installation concerne principalement ces territoires. Elle ne concerne cependant qu’une part peu importante des MSU à ce jour et ne se suffit pas à elle-même.

Le deuxième mécanisme de revalorisation est l’intégration de la maîtrise de stage dans le calcul du forfait structure de la ROSP. S’il s’agit bien de la mesure réclamée par le SNEMG mais dont le niveau est dérisoire son application incohérente. Tout d’abord, il s’agit d’une bonification identique pour tous les MSU quel que soit leur investissement (à temps plein, mi-temps ou tiers temps) dans la maîtrise de stage. Ensuite, cette bonification annuelle versée sous forme d’honoraires ne sera que de 70 euros en 2017, 210 euros en 2018 et 350 euros à partir de 2019. Pour un MSU temps plein, cette bonification n’excédera pas les 10% maximum en 2019 alors que l’inflation cumulée est de 10,4% depuis la dernière « revalorisation ». Le constat était alors le même puisque, l à encore, la rémunération des MSU diminuait à euros constants. Il s’agit là d’une incohérence majeure avec la stratégie de revalorisation à laquelle s’était engagée Madame la ministre de la santé.

Le SNEMG ne peut cautionner cette diminution de la rémunération et demande aux tutelles un vrai effort de revalorisation de la maîtrise de stage à la hauteur des enjeux.

 

Dr Anas Taha, Président du SNEMG

Dr Matthieu Calafiore, Vice-président du SNEMG

 

————————————————————————————————————————————————-

Le collège national des généralistes enseignants (CNGE) et le syndicat national des enseignants de médecine générale (SNEMG) s’associent chaque année pour recenser les données phares de la filière universitaire de médecine générale (FUMG).

Cette année, chaque département universitaire de médecine générale a renseigné ses effectifs concernant les enseignants, étudiants, maîtres de stage des universités (MSU), les stages réalisés et les publications, avec des données vérifiées au 01/01/2016.

Au 1er janvier 2016, la FUMG comptait 8550 MSU qui accueillaient les étudiants en deuxième et troisième cycle des études médicales. Ce chiffre marque une progression de 8,7% par rapport aux effectifs de l’année dernière.


Parmi eux, 7238 MSU accueillaient des étudiants en troisième cycle d’études médicales (stage de niveau 1, SASPAS ou pôle mère enfant ambulatoire) soit une progression de 2,4% par rapport aux effectifs de l’année dernière.


Toujours parmi eux, 4501 MSU accueillant des étudiants de deuxième cycle soit, là encore, une progression de 1,5% par rapport aux effectifs de l’année dernière.

Il existe toujours une part importante de MSU accueillant simultanément des étudiants en deuxième et troisième cycle, mais leur nombre tend à diminuer.

Les stages en médecine générale réalisés durant l’année universitaire 2014-2015 ont également été comptabilisés et rapprochés aux données comparables de l’année précédente.


Pour le deuxième cycle, 5511 postes (+6,0%) ont été pourvus. Au total, 66,9% des étudiants en deuxième cycle ont pu bénéficier d’un stage soit 5,5 points de plus que l’année précédente.


Pour le troisième cycle 3552 postes (+3,0%) en stage de niveau 1, 1673 postes (+6,5%) pour le SASPAS et 438 postes (+21,7%) pour le pôle mère enfant ont été pourvus.

L’augmentation constante du nombre de MSU et des postes proposés au choix pour les étudiants en médecine va dans le sens d’une amélioration de l’offre de stage conforme à la nécessité de mieux former les étudiants en médecine générale ambulatoire. La progression des effectifs de MSU rend réalisable une réforme ambitieuse pour le troisième cycle de médecine générale afin que les internes soient prêts à s’installer dans les territoires dès la fin de leur formation.


Dr Anas Taha
Président du SNEMG


Pr Vincent Renard
Président du CNGE